
( Christian Pavet: Le banc)
Quand le soir atteint tes jours
quand tu es surprise par l'appel
de l'immense et du perpétuel
quand tu pensais encore avoir à faire
et même un peu à être
l'appel du grand large à déboulé
puissant et persistant
Tu as été un peu surprise
mais tant de fois tu as perçu
pour d'autres ce voyage
que tu t'es dit
c'est mon tour
ma vie fut belle
j'en revendique les moindres étincelles
les rires et les peines
Allonge-toi
regarde et écoute
il y a le bleu
souvent infini
il y a ces nuages
qui dessinent des formes surprenantes
il y a cette nature
ces arbres ces plantes ces lacs et ces mers
qui délivrent de tant de tourments
il y a ce vent
ce vent de liberté
liberté d'une vie que tu as choisie
regarde et écoute
la nuit respire
tantôt en énergies salvatrices
tantôt en décadence somnolente
la nuit
longue et peuplée de sons qui longent les couloirs
d'hôpitaux aux chambres aseptisées
mais il y a aussi
le choeur des femmes-monde
qui psalmodient des espoirs à vivre
pour que l'humanité connaisse
de nouveaux matins
ferme les yeux
tous tes patients sont là
assemblés dans l'amphithéâtre d'une vie
ils applaudissent tous tes sourires et mots offerts
qui en des nuits de doute et de souffrance
ont apaisé leurs maux
ils sont tous là
tous ces visages offerts
qui t'accompagnent à leur tour
dans cet ultime chemin
où se rencontrent vérité et solitude
ils sont tous là
dans ces airs que tu fredonnes depuis toujours
dans ces rythmes du monde qui font danser tes rêves
dans ton offrande de vie qui se fiche du destin
ils sont tous là
tu les as approchés tant de fois
de si près que tu entendais parfois
les frémissements de leurs âmes
reliés en de célestes étoiles
alors mon amie
va
va
prends le large
d'autres assurent le relais
de tous ces maux à accompagner
de tous ces êtres à soigner
va
va
c'est l'ultime traversée
que l'on dit si belle
va
va
et n'oublie pas
de là où tu seras
de penser à nous
et parfois si notre route devient rude et caillouteuse
si nous ne savons plus toujours
où est le sud où est le nord
n'oublie pas de nous faire signe
© Pascal COLON
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