
(Les yeux fermés de Petrus BOOTS)
Les yeux fermés
Je respire
Çà paraît simple
Mais c'est un prodige
Un miracle
De vivre
Au-delà de la souffrance
De quitter durant quelques temps
Cette pièce
Cet hôpital
Cette maladie
Combien êtes-vous
Ô peuple de souffrance
À avoir ce soir les yeux fermés
Suivre le souffle
Doucement
Tout doucement
Atteindre ce qui en chacun est unique
Chaud
Lumineux
Respirer à fond
Et sentir encore cette vie
Quelles sont les images
Qui défilent dans vos esprits
Vous mes semblables
Qui restez les yeux fermés
Tellement vous voulez oublier
Ce temps qui vous fige
Dans cet espace trop restreint
Trop... ou pas assez...
Les yeux fermés
Je rêve de vous
De ces matins hasardeux
De ces midis trop pressés
Et de ces aurores dépassées
Et de ces soleils aperçus
Que j'aurais pu retenir un peu
Les yeux fermés
J'écoute la musique de la vie
Celle des hommes et des cieux
Celle de vos visages et de mes sourires
Je pense à vous
À moi
Et je me dis
Que même si près des étoiles
Que même si près de ces milliers de rêves d'enfant
Je pense encore à vous mon enfant mes amis
Qu'il est long le chemin quand on a les yeux ouverts
Qu'il devient beau quand on les a fermé
Les yeux fermés
J'entends les rythmes des anges
J'entends les pas de la vie
J'entends l'espoir qui reste là
Seule richesse de ce peuple de la nuit
Allez les amis
Fermons les yeux
Unissons nos rêves
Nos désirs et notre espérance
Nous la changerons un peu cette nuit qui arrive
Nous embellirons un peu les prochains matins
Nous ferons reculer chagrins et rancœurs
Unissons nos souffles pour que la vie voyage
De lit en lit
De lieux de souffrance en lieux d'oubli
Unissons nos yeux fermés
Pour apprendre au monde à regarder autrement
Le cours du temps
Fermons les yeux
L'espace d'une musique
D'un rayon de soleil
D'une main caressée
C’est la vie qui est là
Pleine de tendresse
Pleine d’amour
La danse des hommes
En une fête des cœurs
© Pascal COLON - Tous droits réservés
site: www.pascalcolon.com
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