(www.ac-nancy-metz.fr/pres-etab/col_sierck/lcf2002/oiseaux)
J’ai vu planer un aigle aux dessus des nuées.
Une noble envergure aux ailes déployées.
Il surplombait le monde et sa vision aigue
L’entraînait aux confins des contours reconnus.
J’ai senti son passage qui se riait du monde.
Se gaussant des geôliers, des âmes sans faconde.
Toisant avec hauteur la modeste étendue
De nos tristes splendeurs aux élans retenus.
J’ai perçu son cantique né d’un sombre courroux.
Une ire extatique à dévorer les loups.
Dédaignant nos marées et nos reflux à naître
Evoluant à l’envie sans joie, sans Dieu ni maître.
Je le sais solitaire et cherchant à se voir.
Prolongement perdu fuyant le désespoir.
Accrochant aux sommets des gouttes d’amertume
S’écoulant à regret et se fondant aux dunes.
Se prenant pour Icare il s’est brûlé les ailes.
Chutant avec lourdeur dans un bruit de crécelle.
Déchu à tout jamais. Que ton âme se verrouille !
Présomptueux fantoche, tu n’es plus que dépouille !