Mes mots vont trop haut trop loin
Ils échappent à leurs destins
Se pavanent sur vos parvis
Oublient leur scribe et s’exhibent
Inventent une hotte de diatribes
Se pâment en pages romantiques
Au risque de se perdre un jour
Mes mots me font parfois peur
Tant ils ont le goût sauvage
Tant ils sont près du naufrage
Oublieux impunément
Sourcilleux impudemment
Ils vêtissent de fer de feu
Tant de guerrières en révolte
Mes mots ne savent plus attendre
Ils culbutent bousculent chahutent
Charment embarquent et vous invitent
En un somptueux voyage
Au pays imaginaire
De vos attentes et désirs
Trop longtemps ensevelis
Mes mots se postent se déversent
Surabondent en SMS
Eclaboussent la frêle liseuse
Tissent des projets d’avenir
S’imprègnent de l’essence des jours
Clapotent vos sourires d’été
Et goulûment s’extasient
Mes mots ont beaucoup vécu
Couverts de tant d’oripeaux
Lestés de vains ornements
Mais jamais ils ne s’arrêtent
Ils ne quémandent aucune pause
Rythment mes heures de leur tempo
Me suivent en nuits cristallines
Mes mots sont pleins d’idéaux
D’imaginaire et d’enfance
De couleurs et de naissances
passent indolents ou miaulants
deviennent haubans ou courants
mélancoliques pèlerins
de mes matins sans butin
Dites s’ils vous accostent un jour
Surtout restez sur vos gardes
Car ils sont capables de tout
Jusqu’à égarer votre cœur
Vous enivrer de bonheur
Vous enliser de souffrance
Vous muer en souvenirs
Alors lectrices solitaires
Laissez passer leurs caravanes
leurs chants et tous leurs attraits
Et n’engrangez que leurs silences
© Pascal COLON - Tous droits réservés
site: www.pascalcolon.com
Retour à la page d'accueil