
(Christian PAVET - fenêtre)
J'ouvre un oeil
une question
dans quelle réalité suis-je ce matin
ah je me souviens
je suis sur mon île
au milieu de nulle part
après ce voyage tempête
tout semble calme
la lumière est diffuse
donc le temps doit-être gris
se lever
quelques pas
manger un peu
déambuler sur l'île
pour en humer les énergies
y visiter les fantômes
s'approprier le lieu
mes pages écrites attendent
d'être palpées
relues
classées
j'allume l'ordi
ce compagnon de mes jours
j'ouvre mes messageries
rien à lire
j'ouvre le site de loisirs
des sorties sont proposées
je ne trouve pas de musique pour ce soir
tant pis
je verrai où j'irai
selon le feeling et les hasards
puis je me remets à écrire
c'est le septième jour de ce voyage
chiffre symbolique
chiffre de transition
mes mots et idées se font plus précis
je ressens bien
mon centre de gravité
mon noyau énergétique intérieur
la vie qui en rayonne
j'ai choisi en ce mois de juillet
en ce début de vacances
de rester sur cette île
ne pas bouger
ne pas me disperser
ne pas me lancer dans des projets ou actions
qui n'auront de sens que leur durée
je choisis la solitude
relié au monde juste par mes écrits
que je mets sur des blogs
je n'irai pas retrouver les souvenirs
j'en ai assez de tous mes souvenirs
que je porte depuis toujours
j'aimerais parfois être sans mémoire
de mes passés endormis
de mes passés abandonnés
de mes passés aux émotions fossiles
être
est une aventure de vie
à plein temps
je me suis trop dispersé dans le passé
c'était comme çà
maintenant je veux vivre
comme je suis
sans plus
ni moins
alors je recommence
par le début
dans un face à moi
dans le silence du poète ébouriffé
je redécouvre qui je suis
quel est l'état de mon intérieur
quel est celui de ce corps qui m'héberge
je vis
je vais
à l'écoute
de mon chant intérieur
***
Pascal Colon