Quand à la tombée de la nuit
L’esprit flâne
un peu fatigué
un peu délaissé
et se met à rêver de liberté
Quand du fond de mon être monte
Lentement, inexorablement
cet appel de soi
cet appel de moi
ce désir de liberté
Quand l’amour
trop usé, égrainé, gangrené
est parti au loin, si loin, trop loin
ne laissant que ces souvenirs
de temps pleins de jeunesse
de temps pleins de hardiesses
de temps aux contours sans retour
je ressens ce désir de liberté
C’est un goût oublié
Qui me visite
un jour
un soir
une nuit
là
au bord d’un lit
au coin d’une rue
sur le quai d’une gare
entre deux avions
c’est une envie d’exploser
de rompre mes liens
et de partir vite, devant moi,
avec le vent sur mon visage, le soleil dans mes yeux
en un galop de vie
en une course pleine d’énergies
C’est une envie de renaître
qui emplit mes poumons
une envie de dissoudre
toutes ces habitudes qui m’engluent
tous ces cris et ces larmes étouffées
depuis tant de matins hésitants
depuis tant de générations pantelantes
Depuis tant de silences, de non-dits et d’oublis
Juste une envie de liberté
La grande évasion de ma vie
Enfin après tant d’années
Tant cette vocation là était essentielle mais enfouie
Tant elle composait mes gammes et harmonies
Tant elle animait mes quêtes échevelées
Peuplées de pardons entendus, de regrets écoutés
Et d’années essoufflées
Oui je vais m’évader
Oui je vais rejoindre ma liberté
Et renaître à mes jours
Et renaître pour toujours.
Pascal Colon