(EGON SCHIELE3-par Susanna Carlisle-www.vasulka.org)
A peine sous les jours du monde
A peine sur les courbes de mes ans
Le souffle est là
Mouvement de vie continu
Je suis une âme, une brise d’avenir
Un être de contours
Un être de détours
Qui aime
Rires, caresses et douceurs
Je danse ma vie
Je pense ou j’adore
J’effleure ou j’implore
Où je m’allonge pour ces voyages sans quais de gare
Vers des espaces intemporels aux désirs inexplorés
J’apprends les formes et les teintes de mes jours
Je découvre que je suis sans l’illusion de posséder
Je suis avec mon corps par conscience, je l’habite par aisance
Je suis un et multiple
Elan de ce qui existe depuis tant de vies, tant de corps
Je suis blanc, je suis courbe
J’apparais ou m’efface selon
Le chant des ondes, la quête du don
Se transmet depuis tant de générations
Je me crois libre de tout
Je suis seulement sans amarres
En quête du large pour éclore
En recherche d’harmonies sans miradors
Espérant des tendresses humaines ou célestes
Redoutant mort et apesanteur
Et puis un jour je découvre un corps à corps
Qui m’emmène sous des étoiles et sous les nues
Je reçois et je donne la vie
Nos émotions se mêlent
Et je ne sais plus ma peau
Et je ne sais plus ma vie
Je ne sais plus rien
Seul compte l’instant
Cette chevauchée du temps
Rien que pour moi
Rien que pour lui
Pour nous
Et je m’endors enfin
Dans ce matin givré
Radieuse et fatiguée
Dans mon corps retrouvé
Dans mon être effleuré.
Pascal COLON