
(Les paves mouillés de Georges Artaud)
sur les pavés mouillés
des âmes avancent
leurs pas sont un peu perdus
la vie a été trop dure
et trop souvent injuste
elles doivent affronter
tant et tant
de vides et de douleurs
de rues informes
de villes trop tristes
et puis toutes en cohortes
ces imprévisibles angoisses
qui vous saisissent à la gorge
les soirs gris où l'on se sent si seul
sur les pavés mouillés
le long d'interminables façades
des âmes passent et repassent
elles n'osent s'arrêter
de peur que le monde
n'entende leurs appels
de peur que leurs yeux
ne se figent à jamais
sur les pavés mouillés
des âmes titubent
leurs douleurs muettes
paralysent leurs rêves
elles lancent leurs cris
sous des réverbères alignés
elles espèrent sans trop y croire
en l'étoile chaude d'azur
au rire égaré d'un clown fatigué
aux mots échos d'un poète esseulé
sur les pavés mouillés
des âmes survivent
frondeuses de vie
courageuses d'inconscience
plus fortes que la maladie
plus fortes que leurs heures d'oubli
elles avancent fières
elles avancent belles
de leur destin à offrir
Pascal Colon