tu racontes
les mystères du temps
les chemins du vivant
et tes mots redessinent le monde
tel qu'il va depuis des millénaires
tu racontes
que la vie est un continuum
que les philosophes avaient raison
de croire en leurs intuitions
aux fulgurances de l'esprit
Au-delà des mémoires alambiquées
plus loin qu'un quotidien sans absolu
tu racontes
les histoires d'un tofou
perdu sous un baobab jouant du piano
où un poète aime s'apaiser
et accueillir tes secrets offerts
tu racontes
l'histoire de ces objets qui enchantent
de leurs sons simples et familiers
des petits riens d'un moment
en cette cuisine d'autrefois
visitée par tant de fantômes
qui scandent les tic tac
de leurs pendules engourdies
tu racontes
tes traversées en plein vent
où le simple sublime l'instant
tes notes fleuries tes regards ébahis
qui se prennent des allures de symphonie
tes couleurs à peindre
tes silences qui arpentent
mes regards bercés
par le bien-être ressenti
tu racontes
l'attrait de la mer
l'envoûtement des montagnes
le goût du simple et du beau
de ces mots qui te font danser
de ces pensées où nos corps se mêlent
en une quête d'infinies tendresses
à rire et raconter
et ne jamais oublier
Tu racontes
qu'il vaut mieux mourir
si l'amour nous échappe
que vivre seul est une impasse
qui vous plombe de sa nasse
tu racontes
que tu veux aimer
encore et encore plus
là et plus loin
aujourd'hui et demain
tu racontes
qu'en tes nuits blafardes
tu vois nos désirs caressés
et ces jets de lumière
où l'on se sent immortel
tu racontes
en des regards qui s'échappent
et se perdent au loin
que demain est un mystère
dont tu ne sais rien
tu racontes
que tu perçois les échos
de tous nos mondes enfouis
et qu'il est temps peut-être
de leur offrir le soleil
tu racontes
femme d'ici
femme d'ailleurs
tant et tant de destins
que la vie risque d'être trop courte
pour nous en offrir tous les festins
Pascal colon