Création AMBIS
 
 

106A05 Vos visages et vos rires

 suspensionsKazuyaAKIMOTO

(Suspensions de Kazuya AKIMOTO)

Vos visages et vos rires

Eclaboussaient mes silences

Pour mon plus grand plaisir d’abord

Pour mon humble mal-être ensuite

 

Bercé par vos mots
lancés comme des défis
ou décrochés comme des flèches
fières de vos frondes

vous étiez pour un soir

dans vos révolutionnaires féminités

parées de vos croisades cycliques

pour trouver l’homme

le vrai, le beau, le tendre, le bavard, l’intelligent

celui inventé rien que pour vous

celui que vous espériez

celui que vous attendiez
 
Au travers de mes silences
j'ai perçu vos espoirs, vos doutes, vos révoltes

 

Vos regards tantôts rieurs, tantôts perdus

Racontaient tous ces jours où vous aviez cru à ce couple

A cette complicité étalée dans ces vertes années

A ces restes de jours où l’on pense la tendresse inépuisable

 

Puis j’ai perçu vos manques, vos lassitudes

vos souffrances, vos vides

je vous ai vu chercher vos routes

affronter vos nuits

affronter la vie

et crier parfois : quelle chienne de vie !

comment vivre peut-être si dur ?

 

J’ai entendu combien la traversée de vos heures

relevait souvent de l’exploit

dont aucune télé ne parle

dont aucun film ne sera jamais fait

 

Sur vos visages

j’ai vu vos saisons

écorchées ou esseulées

fatiguées de cette litanie d’ennuis

et creusées par l’errance de vos vides

 

Mais j’ai vu aussi vos phares d’espérance

qui s’allument dans vos nuits

quand elles sont trop froides ou trop longues

J’ai vu dans vos visages et dans vos rires

ces bouées lancées dans vos cœurs

dans vos matins rêveurs

près de l’âtre, loin du jeu

dans ces flammes, dans ces je

guettant la main de l’internaute

la voix ou le regard du promeneur d’un soir

 

Vos visages et vos rires

Réchauffés se sont mis alors, pour un soir

A créer un peu d’humanité

Dans ce coin de vie, dans ce coin de rien

 

Vous éclaboussiez mes silences

mélange de plaisir et d’éphémère

hors du temps, hors de nous

où l’un perçoit, l’autre se dit

l’un questionne, l’autre se retire

l’un raconte, tous espèrent.

 

Pascal COLON