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Voyage en vie

voyageenvieimageSi la terre nouvelle aux gouttes se mariait
J’accueillerais en mes paumes le suc de leur union.
D’un petit rien léger, vecteur je deviendrais
Démystifiant les ruines nées de la confusion.

Les friches du plaisir en guenilles chamarrées
Fuiraient le soliloque des aubes mécaniques.
Aux veines palpitantes je saurais m’abreuver
Pourpres délectations de labours empiriques.

Si l’estime de soi connaissait l’évidence
J’étreindrais les lumières au levant essoufflé.
D’un petit parfum gourd, j’inhalerais l’essence
Défiant les platitudes aux sourires extasiés.

Le crachat des années filerait à l’anglaise
Un peu cadavérique, condamné à l’exode.
Au poète falot, je dirais qu’il se taise
Chronophage impudique évoluant en opprobre.

Si l’aujourd’hui se vautre, à renaître il se doit.
Je le caresserais comme un homme que l’on aime.
Alliage de palpations, frémissements d’émois
Peaufinant les délices de nouvelles antiennes.

La dormeuse oubliée plumera la corneille
Observant en méfiance les augures nauséeuses.
Que vogue la galère et le radeau des peines
Me convoyant au large de tes sentes boueuses.

Danielle