Vous m’ennuyez, Monsieur
Dès l’aurore citadine
Au petit matin tiède
Dénué de rosée .
Au point d’ancrage de vos ridules de vie
Lorsque vous éructez vos temps veules
Une fois n’est pas coutume…
Vous m’ennuyez, Monsieur.
Vos arpèges nécrosés
Simulent la vindicte
Vos solitudes de jadis
Et les désertions du jour
Vos absences de chamades
Un profil d’attentiste
Hier et aujourd’hui
Sous un ciel délabré.
Au fin fond souverain de vos cacophonies
De vos absences, de vos silences épais
Ne fuyez pas la lame oblique
Monsieur ,vous m’ennuyez.
Vos guerres blanches
Absorbent ce qui se dit
Vos catalepsies narcissiques
Et les mille quolibets du mâle
Vos ellipses enfantines
Un sarcophage de muette violence
Sous le sable de sang
Et les choix obligés.
Au détour du frisson des pâles lunaisons
Lorsque vous attendez les caresses froissées
Sous vos doigts d’arpenteur ,fieffé menteur
Monsieur, vous m’ennuyez.
Vous me savez, Monsieur
Dès le soir effacé
Au couperet de la nuit large
Comme une peau taciturne
Au mitant du silence né de l’éveil
Comme une erreur chevillée
Note biseautée d’amertume
Monsieur, vous aurais-je ennuyé ?
© Danielle Gauthron
04/06/2008