Mes heures sans vous
Informes ,sans vitraux
Dépareillées, inertes
Béantes, ensommeillées.
Mes heures sans vous
Claquemurées, ineptes
Chanson sans paroles
Acres, désabusées.
Mes gestes en votre absence
Emiettés, fragmentés
Initiés à la désuétude
Branche lourde d’insignifiance.
Mes gestes en votre absence
Ecorchés, dépossédés
Epuisés de vaines palpations
Bleuets perplexes au crépuscule.
Nos heures dès l’aube
Enflammées, renversées
Captivantes ,vivaces
A notre dimension souveraine.
Nos heures sleeping
Superlatives, cathodiques
Frégates ailées
Festin de cœurs pétris.
Nos heures au cri des feuilles
Drapées, desoffensées
Léchant l’immédiateté
Espace dénué de trappes.
Nos gestes sans mort, jamais
Frottés au grain du « jouir »
Démarche grandissant les ombres
Tension d’une invisible corde.
Nos gestes sans rive ni plafond
Chauffant la banquise du temps
Festoyant de largesses
Effrontés si fort dans le silence.
Tes heures sans moi
Là où s’alanguit le connu
Territoire de l’inavoué
Théâtre de gorge à deux.
Tes heures sans moi
Caisse de résonance
Horizonnées de tant d’empreintes
Germées, enracinées.
Tes gestes sans moi
Aisés, fenêtres béantes
Buvant leur part de nuit
Partage de petites peurs.
Tes gestes sans moi
Dans les milices du soir
Guidant tes pas anciens
Jusqu’au lit des « matrimonies ».
Danielle Gauthron