Création AMBIS
 
 

Soli-terre

soliterreimageBrume et nuages sur le lac endormi.
Je me désenglue de la paraffine des heures
Pour palper cette indécence volatile et planante.
Le cœur las, le cœur là.
De la terre humide émane l’odeur de l’éveil
Du petit matin blême, à peine reconnu des êtres en variance.
L’ouie s’affine et mesure les tonalités de l’azur perdu,
Les cris de désespoir des oiseaux égarés.
L’eau noire se soustrait à mes regards fureteurs
Et poursuit sa reptation atone et statique.
L’herbe glissante de la berge m’attire
Et m’effraie, prometteuse et aguichante,
Froide de verte ferveur, ouverte aux ricanements
Des velléités chancelantes.
Je ferme les yeux et aspire ces fantomatiques
Promesses de l’aube, m’imprégnant des signes
A décrypter dont tu as jalonné ma triste course.
Fallacieuses manigances investissant mon cœur,
Me permettrez vous, juste à l’écart des heures à venir,
L'offrande ouverte d’un soupçon de tendre dévotion ?
Tous mes cheminements, mes retours de cavales,
Toutes mes lubricités, mortes ou animales,
Engendrées sans répit me germent en invectives.
Et de ce parcours salvateur, solitaire,
Je me ressource et me réunifie, par l’ouverture du souvenir,
Dans l’amplitude charmante de ce qui vous fait fuir,
Vous que les terres sans hommes mortifient.

Danielle