Création AMBIS
 
 

Requiem pour une croyance déchue

requiemimage

J’arpente les soutes de mes heures en passagère nue
Divaguant au cœur d’une transparence oublieuse.
Ici et là en ramassis de quotidien lancinant
Tout juste en présence d’intendance désincarnée.

J’ai perdu les repaires des silences chantants
Et la lune en moi se meurt d’un sanglot infini.
Partie, résumée, éloignée des sourires connus
Frottant au comptoir des tristesses mes cernes liées.

Se peut-il que demain ravive les couleurs
Celles qui de leurs modesties chamarrent les évidences.
Cet attirail de frictions muettes trépigne
A la porte mi close des dédains étalés.

La grêle des mascarades me fouette en mépris
A fleur de terre, à mur de ciel dépâmé.
Les paroles étaient mots à l’aube du créé
Sous les trépidances des rats aveugles.

J’ai bien cru en naissance au joli moi de mai
Grelottances perlées rivées aux sombres soleils.
Blanchissent, s’effritent mes espaces bradés
Ni début, ni fin, nul combat sans procès défunt.

Requiem habillé de solubles perfections
De profundis ad vitam aeternam comique.
Du seul purgatoire omnipotent surgit, se révulsent
Les mensonges vermineux des ressemblances humaines.

J’ai rêvé, perdant la souffrance marbrée
D’une pérenne fidélité de l’âme ouverte.
Tous mes chiffres nocturnes dépareillés
Copulent en éructant des vers à culbuter.

Danielle