Elle est âcre, légère
Insidieuse, deletere.
S’immisce tout en souplesse,
S’introduit en rampante,
S’infiltre en lousdé
Comme une clandestine appelée.
Elle se répand en largesses
Investit chacune de mes fibres
Jusqu’à mon cortex.
Se fait résine en pause
Indélébile dans sa métamorphose.
Elle se sait suggérée
Imagée, imaginée
Attendue en poison magicien.
Me presse et me pressent,
Aux aguets, accoudée à mes heures,
Sournoise, en volutes de silence frappé.
Elle virevolte en sucre aliénant,
Minaudant au creux de mes faiblesses,
Dispensant ses largesses mortelles.
Elle dessine en silence des jardins rois
Sombres amoureux chauds et froids.
M’apostrophe en ricanant, en ricochant
Sur toutes mes instabilités,
Empaille mes humeurs déhanchées.
Elle me pique de ses aiguilles magistrales,
Menottant mes requiems,
Horizonne mes désuétudes anxieuses,
Jalouse de mes haltes métaphoriques.
Elle me présente sa face cachée
En lunaire tentatrice,
En roublarde quémandeuse,
Affichant le pendu adorant sa potence.
S’accroupit en bouffonne
M’avale cul sec, me conduit sous le masque
Lorsque je l’emprisonne pour mieux la rejeter.
Elle va nue, dérivante,
Offerte et ancestrale,
Complice mortifère de mes nuits de cavale.
Danielle